Ancien utilisateur de Kozikaza : comment migrer vers un logiciel pro ?

Kozikaza a fermé en avril 2025 sans proposer d’export natif des projets éditables. Les anciens utilisateurs qui n’avaient pas généré de PDF ou de captures d’écran avant la coupure ont perdu l’accès à leurs fichiers source.

Kazaplan, le successeur opéré par Leroy Merlin, reste un outil grand public de visualisation 3D. Pour quiconque a besoin de produire des plans réglementaires, des coupes techniques ou des livrables compatibles avec une chaîne BIM, la question n’est pas de « basculer » mais de reconstruire un projet dans un environnement professionnel.

Récupérer ses données Kozikaza : ce qui est réellement exploitable

Aucun fichier .dxf, .dwg ou .ifc n’a jamais été exportable depuis Kozikaza. Le format propriétaire disparaît avec la plateforme. Ce qui reste exploitable se limite à trois types de traces :

  • Les captures d’écran cotées, si elles ont été réalisées avant la fermeture, avec une résolution suffisante pour relire les dimensions.
  • Les PDF de plans générés depuis l’interface, qui conservent les proportions mais pas les calques ni les métadonnées de matériaux.
  • Les rendus 3D ou visites virtuelles sauvegardés localement, utiles uniquement comme référence visuelle d’ambiance, pas comme base de modélisation.

En pratique, nous recommandons de traiter ces traces comme un relevé photographique et de reprendre les cotes directement sur le bâti existant. Un mètre laser et un relevé pièce par pièce donnent une base plus fiable qu’une capture d’écran redimensionnée à l’impression.

Architecte d'intérieur annotant un plan 3D sur écran tactile dans un studio professionnel

Logiciel pro après Kozikaza : choisir entre modélisation libre et environnement BIM

Le marché se structure en deux paliers. La majorité des anciens utilisateurs de Kozikaza qui montent en compétence passent d’abord par un outil de modélisation libre comme SketchUp ou Sweet Home 3D avant d’envisager un environnement BIM complet.

SketchUp et Sweet Home 3D : le premier palier

Sweet Home 3D est open source, fonctionne hors ligne et gère l’import de plans en image de fond pour redessiner par-dessus. Pour un particulier ou un auto-constructeur, c’est le chemin le plus court depuis Kozikaza.

SketchUp (version desktop) offre une bibliothèque d’extensions plus large et un export .dwg natif. La version gratuite (SketchUp Free, web) ne permet pas cet export, ce qui limite son intérêt pour alimenter ensuite un bureau d’études.

Revit, Archicad, Autocad : le palier production

Si l’objectif est de produire des plans de permis de construire, des coupes réglementaires ou des maquettes numériques exploitables par un architecte, le passage à un logiciel CAD ou BIM est nécessaire. Revit et Archicad gèrent les nomenclatures, les plans de coupe automatiques et les exports IFC pour la collaboration inter-métiers.

Le coût d’entrée est d’un autre ordre. Revit fonctionne par abonnement annuel, Archicad également. La courbe d’apprentissage se compte en semaines, pas en heures. Pour un particulier qui gère un seul projet de rénovation, ce palier n’a de sens que s’il collabore avec un maître d’œuvre qui impose un format de livrable.

Workflow de migration : de la trace Kozikaza au plan exploitable

Nous observons que les migrations les plus efficaces suivent un enchaînement précis, indépendant du logiciel cible.

La première étape consiste à rassembler toutes les traces disponibles (PDF, captures, photos du chantier) pour les confronter aux relevés physiques. Les écarts entre un plan Kozikaza et la réalité dépassent souvent le centimètre sur les ouvertures et les cloisons.

L’outil arrondissait les cotes à la grille, ce qui explique ces décalages fréquents.

La deuxième étape est le choix du logiciel en fonction du livrable attendu. Un plan d’aménagement intérieur pour un cuisiniste ne demande pas le même outil qu’un dossier de permis de construire. Le tableau ci-dessous résume les cas courants.

Livrable attendu Logiciel adapté Format d’export
Plan d’aménagement 2D simple Sweet Home 3D PDF, SVG
Maquette 3D pour artisan SketchUp Pro .dwg, .skp
Dossier permis de construire Autocad / Archicad .dwg, .pdf réglementaire
Maquette BIM collaborative Revit / Archicad .ifc, .rvt

La troisième étape, souvent négligée, est la structuration des calques dès le départ. Un projet redessiné « à plat » dans SketchUp sans calques séparés (structure, menuiseries, mobilier) devient inexploitable dès qu’un professionnel doit en extraire une vue partielle.

Jeune femme regardant un tutoriel de migration vers un logiciel de design professionnel sur son canapé

Kazaplan comme outil complémentaire, pas comme base de travail pro

Kazaplan conserve un intérêt pour la phase d’intention : tester une disposition de mobilier, valider une ambiance avec le catalogue produit Leroy Merlin, partager une vue 3D avec un proche. L’outil ne produit pas de plan coté exploitable par un professionnel du bâtiment.

Les rendus photoréalistes de Kazaplan peuvent servir de support de communication avec un architecte, à condition de ne pas les confondre avec un document technique. Nous recommandons de les utiliser comme « brief visuel » en complément du plan coté produit dans le logiciel pro.

La tentation de rester sur Kazaplan « parce qu’on connaît l’interface » est compréhensible. Elle coûte du temps dès que le projet dépasse la décoration : aucune sortie .dwg, aucun calcul de surface réglementaire, aucune gestion de coupes. Pour un projet de rénovation avec dépôt de permis, le détour par un outil adapté n’est pas optionnel.

Le vrai gain de la migration n’est pas le logiciel lui-même, c’est la structuration du projet. Un plan Kozikaza était un objet visuel. Un plan professionnel est un document technique qui porte des données exploitables à chaque étape du chantier, du chiffrage à la réception des travaux.